10 June 2005

mémoires de la colonisation et manipulations de l’histoire

mémoires de la colonisation et manipulations de l’histoire lundi 6 juin 2005 La LDH vous invite à une rencontre-débat mercredi 15 juin 2005 - 18h - Aix en Provence amphi Guyon - faculté des Lettres (av. Robert Schuman) avec le soutien des sections locales d’AIX-SOLIDARITE, ASTI, ATTAC, MRAP ... [première mise en ligne : le 20 mai 2005, mise à jour : le 6 juin 2005] * Olivier Le Cour Grandmaison, enseignant en sciences politiques à l’université d’Evry-Val d’Essonne, * Gilles Manceron, historien, membre du bureau national de la Ligue des droits de l’Homme, * Christiane Taubira, universitaire, députée de Guyane, auteur de la proposition de loi du 21 mai 2001 qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Non au mépris de l’Histoire et des victimes Le 23 février 2005, le Parlement a voté une loi qui prévoit que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Cette loi oublie les souffrances des peuples qui ont été colonisés par la France, et notamment celles des Algériens. Toutes les souffrances méritent d’être reconnues. Mais, concernant la guerre d’Algérie, les seules victimes évoquées dans la loi sont des Français. Et la République continue à garder un silence prudent sur les crimes commis à l’occasion de ce conflit. Injustice également pour les harkis et leurs familles dont la loi ne reconnaît ni l’abandon, ni le traitement discriminatoire qui leur a été réservé en France, dans la pure tradition coloniale. Cette loi est le résultat d’un travail de “lobbying” d’un petit groupe d’activistes, nostalgiques de l’Algérie française, qui détournent à leur profit la douleur mémorielle des rapatriés. Ils ont réussi à faire inscrire dans cette loi une indemnité en faveur d’anciens condamnés de l’OAS, qu’elle semble vouloir ranger parmi ceux qui ont fait « œuvre positive » en Algérie ! Ce sont les mêmes qui comptent, en leur élevant un monument à Marignane le 6 juillet 2005, présenter les membres de cette organisation terroriste comme des héros ! Peut-on exiger de la Turquie ou du Japon la reconnaissance des pages noires de leur passé tout en dispensant la France d’un tel travail ? Alors que de nombreuses personnes issues des anciennes colonies subissent des discriminations inacceptables, cette loi cherche à imposer une vérité officielle aux enseignants et aux chercheurs. C’est une insulte envers eux et envers tous les citoyens. Cette loi doit être impérativement abrogée. Non à l’histoire officielle ! Non à la réhabilitation des crimes et des injustices du passé ! mercredi 15 juin 2005 - 18h amphi Guyon (fac des Lettres) à Aix en Provence